Kiri Te Kanawa

At the Menton music festival in

Kiri Te Kanawa - © DR

Soprano

La soprano néo-zélandaise Kiri Te Kanawa est née à Gisborne le 6 mars 1944. Ses parents biologiques sont trop pauvres pour la garder : elle est adoptée à peine âgée d’un mois par la famille Te Kanawa, qui lui donne le nom de « Kiri », qui signifie « cloche » en maori. Thomas Te Kanawa est Maori, tandis sa femme Nell est d’origine anglo-saxonne, ce qui, par un fait du hasard, correspond à l’ascendance biologique de Kiri. Les Te Kanawa sont très mélomanes. Ainsi, sa mère joue du piano, et toute la famille a l’habitude de l’accompagner en chantant. Déjà toute petite, Kiri Te Kanawa est passionnée par le chant, ce qui n’échappe pas à sa mère, qui déclare à Kiri qu’elle chantera un jour à Covent Garden. Les Te Kanawa ne disposent que d’un revenu modeste : ils sacrifient tout pour permettre à leur fille d’avoir une grande carrière de chanteuse. Ils l’inscrivent à l’âge de quatorze ans à des cours de chant avec la Sœur Mary Leo à Auckland (Nouvelle-Zélande), qui formera d’autres grandes chanteuses issues de l’île comme Malvina Major. Elle poursuit ses études de chant avec assiduité, au point qu’elle néglige rapidement le restant de son enseignement. Si elle reçoit une formation lyrique, elle préfère toutefois dans un premier temps opter pour la facilité, chantant surtout des comédies musicales, moins ardues techniquement. A cette époque, elle pense d’ailleurs avoir une tessiture de mezzo-soprano. Elle se produit dans des music-halls tout en suivant des études de secrétaire. A partir de 1965, elle commence à gagner des compétitions de chant, et à réaliser des premiers enregistrements d’airs d’opérette.

A l’âge de vingt-et-un ans, elle part donc poursuivre sa formation en Angleterre. Elle s’enrôle au London Opera Centre en 1966. L’expérience s’avère difficile pour la jeune Kiri. Tout d’abord, suite à une master class avec le chef d’orchestre Richard Bonynge en 1967, elle se rend compte que sa tessiture est celle d’une soprano. Par ailleurs, elle fait preuve d’une certaine désinvolture dans ses études, qu’elle met assez longtemps à surmonter. Peu à peu, elle commence cependant à trouver sa voix, qui a toute la clarté et la légèreté d’une soprano lyrique. Elle obtient d’ailleurs son premier grand rôle au Festival de Camden dans La Donna del Lago de Rossini en 1969. Lors de la saison 1970-71, elle décroche ce qui va s’avérer être l’opportunité de sa carrière. Elle signe en effet un contrat avec Covent Garden, dont elle rejoint la troupe pour an. Moyennant une très maigre rémunération, elle joue des petits rôles comme Ksénia dans Boris Godonouv de Moussorgski ou une fille-fleur dans Parsifal de Wagner, et surtout elle se prépare au rôle de la Comtesse Almaviva dans Les Noces de Figaro de Mozart. En effet, le chef Colin Davis se rend compte que la voix de Kiri Te Kanawa en fait une mozartienne par excellence.

En 1971, elle chante donc avec grand succès le rôle de la Comtesse Almaviva pour la première fois au Festival de Santa Fe, avec Frederica von Stade, qui prend elle le rôle de Chérubino. C’est donc une double révélation qui a lieu ce soir-là. Elle reprend triomphalement le rôle à Covent Garden à la saison suivante, qui en fait une des vedettes de la scène lyrique. Elle s’avère excellente dans le rôle non seulement pour sa voix, mais aussi par son charisme et sa présence sur scène. Son port majestueux en fait une interprète idéale pour les rôles de femme de la haute noblesse, ce qui se retrouvera dans la plupart de ses grands rôles. Malheureusement, sa mère, qui avait tant rêvé de la voir à Covent Garden, décède peu de temps après son grand succès sur cette scène. Elle reprend le rôle de la Comtesse Almaviva à l’automne 1972 pour ses débuts à l’Opéra de San Francisco et à l’Opéra de Lyon. La même année, elle chante Desdémone dans Othello de Verdi pour la première à l’Opéra d’Ecosse. En 1973, elle chante de nouveau la Comtesse Almaviva pour ses débuts à Glyndebourne. Comme elle est familière du rôle de Desdémone, elle devient la doublure de Teresa Stratas dans ce rôle au Metropolitan en 1974. Or, comme cette dernière tombe malade peu avant la première, c’est elle qui va assurer le rôle y faisant ainsi ses débuts.

Elle devient donc l’une des chanteuses les plus renommées de son époque. Elle débute à l’Opéra de Paris en 1975 dans le rôle de la Comtesse Almaviva. Deux ans plus tard, c’est une autre comtesse qu’elle va interpréter pour la première fois au Houston Grand Opera, soit le rôle-titre d’Arabella de Richard Strauss. Avec Richard Strauss, Verdi et Mozart, Kiri Te Kanawa tient désormais les trois piliers de sa carrière. Elle a son premier enfant en 1976, elle aussi adoptée. Elle débute à la Scala de Milan en 1978 dans un récital, puis au Festival de Salzbourg en 1979, en récital également. La même année, elle adopte son deuxième enfant.

Au cours des années qui suivent, Kiri Te Kanawa est au sommet de la gloire, revenant à de nombreuses reprises dans les plus grandes salles. En 1979, elle incarne Donna Elvira dans le film de Don Giovanni réalisé par Joseph Losey. Elle débute au Wiener Staatsoper de Vienne en 1980, dans le rôle de Desdémone. En 1981, elle donne l’une des performances les plus célèbres de sa carrière quand elle chante « Let the bright Seraphim » de Haendel à l’occasion du mariage de Diana et du prince Charles. La même année, elle chante sa première Maréchale dans Le chevalier à la rose de Richard Strauss à l’Opéra de Paris. En 1982, elle fait un retour triomphal au Metropolitan dans le rôle de Fiordiligi dans Cosi fan tutte de Mozart. En 1984, elle chante Anita dans le premier enregistrement de West Side Story de Leonard Bernstein sous sa propre direction, avec José Carreras dans le rôle de Tony. Elle continuera d’ailleurs de chanter en récital des airs de comédies musicales qu’elle affectionnait durant ses débuts en Nouvelle-Zélande.

Elle continue à débuter des grands rôles, telle que Marguerite de Valois dans Don Carlos de Verdi à Chicago en 1989 ou la Comtesse dans Capriccio de Richard Strauss à San Francisco en 1990. La même année, elle réalise un enregistrement de référence du Chevalier à la Rose de Strauss, avec Barbara Hendricks dans le rôle de Sophie et Anne-Sofie von Otter dans le rôle-titre. L’un de ses autres grands rôles est Amelia dans Simon Boccanegra de Verdi, qu’elle chante notamment à Covent Garden en 1991 sous la direction musicale de Georg Solti. En 1999, elle sort un album de chansons maories pour rendre hommage à ses origines. D’ailleurs, sa ville natale, située au nord-est de la Nouvelle-Zélande, ayant pour particularité d’être la première ville au monde où le soleil se lève, elle y chante le premier concert du millénaire.

Elle se retire progressivement de la scène, et en 2004, déclare que Vanessa de Samuel Barber à l’Opéra de Los Angeles constitue ses adieux à la scène. Elle revient cependant à plusieurs reprises, notamment au Metropolitan en 2010 dans le rôle de la Duchesse de Crackenthorp dans La fille du régiment de Donizetti, pour la production de Laurent Pelly avec Juan Diego Florez et Natalie Dessay. Ce rôle est normalement parlant, mais complété par un tango dans cette version. Elle le reprend à Vienne en 2013 puis à Covent Garden en 2014. Elle fait une brève apparition dans la série Downton Abbey en 2013, où elle incarne la célèbre chanteuse Nellie Melba.

71e Festival de Musique de Menton

Après les annonces du président de la République le 13 avril 2020 et sa décision de n’autoriser la tenue des festivals qu’après la mi-juillet, nombre de nos confrères ont d’ores et déjà statué sur le maintien ou l’annulation de leur événement.

Le Festival de Musique de Menton, pour sa part, explore encore toutes les options possibles et rendra publique sa décision avant la fin du mois de mai. Nos équipes et les artistes se concertent actuellement pour que la 71e édition puisse voir le jour, quelle que soit sa forme, afin que résonne cette année encore la musique à Menton.

Nous adressons bien entendu toutes nos pensées au milieu hospitalier, aux malades et à leurs proches, ainsi qu’à la grande famille de la culture durement touchée. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’évolution de notre situation.

Jean-Claude Guibal, Maire de Menton.

Paul-Emmanuel Thomas, directeur artistique du Festival de Musique de Menton.

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